
Le film attaque d’ailleurs le sujet par la face Nord, la plus ambitieuse car la plus difficile : la comédie chorale… Autant il est facile de faire pleurer ou d’émouvoir, autant savoir déclencher le rire comme le fait Tellement Proches est un vrai talent et un rare bonheur. Plus potache, plus bordélique (disons-le), moins fin, moins articulé que le film de Rémy Bezançon, Le Premier jour du reste de ta vie, succès surprise de l’été dernier et qui abordait le même thème sous un angle plus dramatique, Tellement Proches offre une intrigue débridée qui, de catastrophe en catastrophe (autant ne pas dévoiler les péripéties ici et vous laisser la surprise de les découvrir par vous-mêmes), va faire dangereusement tanguer les membres farfelues de cette tribu.
Tout commence d’ailleurs dans un enfer moderne, le lieu où un couple se déchire si facilement le week-end: Ikea… pour continuer par un diner de famille au milieu de la cité des Choux (qui existe réellement et qui vaut son pesant de … cacahouètes !), réunion de famille pétrie de préjugés faciles et de situations déjà vues mais qui va se terminer par un coup de poêle salvateur pour remettre les idées en place et aux personnages et au film - scène bruyante et trépidante qui n’aurait pas dépareillée dans une comédie à l’italienne. Même si les ficelles du scénario sont parfois trop grosses, même si l’élargissement de la notion de famille à celle de communauté est assez maladroit, le film ne perd jamais sa sincérité et son enthousiasme communicatifs.
Tout ce tourbillon culminera finalement dans un final émouvant et juste. Après les tempêtes, la vie reprendra son cours et pour tous, cela sera le premier jour du reste de leur vie, toujours aussi… proches. Famille, je vous (h)aime !
Emmanuel Pujol
