Real Steel a beau se passer dans un futur proche (2020, c’est déjà demain!) dans lequel des robots d’acier géants ont remplacé les hommes sur les rings de boxe, cette superproduction familiale Disney fleure bon les années ’80. Après Super 8 cet été, la patte du producteur Spielberg - ici secondé par le Robert « Retour vers le Futur » Zemeckis - se fait à nouveau sentir dans ce divertissement signé Shawn Levy plutôt habitué aux comédies potaches (Treize à la douzaine, La nuit au Musée, Crazy Night) qu’aux films d’action.
Adapté de façon édulcorée de la nouvelle éponyme de Richard Matheson (Je suis une légende) datant de 1956 – à croire que c’est un auteur aussi difficilement adaptable sur grand écran que le mythique Philip K. Dick -, Real Steel suit les pas de Charlie Kenton, ex-boxeur vedette qui depuis l’avènement des machines est devenu un manager à la petite semaine de robots losers, gagnant à peine de quoi tenir jusqu’au combat suivant. C’est dans cette période de galère qu’il va voir réapparaitre dans sa vie Max, son fils de 10 ans dont il ne s’est jamais occupé et dont la mère vient de mourir. C’est, vous l’aurez déjà deviné, le début d’une épopée improbable et l’occasion pour le père et le fils d’apprendre à se connaitre et à s’aimer…
Plutôt efficace, bien rythmé mais souffrant d’une construction très binaire faisant se succéder systématiquement grosses scènes de baston (on se croirait parfois trop dans un jeu vidéo) entre Atom, le petit robot héros (ils auraient du l’appeler Nono…), et ses Goliath, des machines de combat au design rappelant les Transformers, avec des moments plus intimes entre Max et Charlie, Real Steel, road-movie trop long (plus de 2h !), est un divertissement calibré aux grosses ficelles et au scénario cousu de fil blanc. Le K.O. technique pourrait aussi guetter le spectateur saoulé devant une telle avalanche de bons sentiments – surlignées à grands renforts d’une musique signée Danny Elfman qu’on a déjà connu plus inspiré.
Et si Hugh Jackman fait le boulot avec son charme habituel, il sert surtout la soupe à l’un de ses insupportables enfants acteurs made in Hollywood, Dakota Goyo, intenable de cabotinage et de prétention. Quand à la potiche de service, elle se nomme ici Evangeline Lilly, au faux-air de Liv Tyler et déjà visiblement botoxée (des lèvres pareilles, ce n’est pas naturel !) a à peine 30 ans !
Très anecdotique et parfaitement anodin, Real Steel, en sachant éviter la surenchère d’effets numérique et en gardant une patine très « oldie but goodie », distille toutefois un léger parfum pas désagréable et nostalgique pour tous les trentenaires qui retrouveront dans ce film une certaine idée du cinéma de divertissement ricain qui les poussait, plus jeunes, dans les salles obscures.
Emmanuel Pujol

| D'accord en grande partie, trop de bon sentiment, trop familial, film anecdotique comme vous le dites Mon avis : http://www.youtube.com/watch?v=ylzU4kBSvtw |