La vie d'une autre, la bande annonce

Coraline, un miracle de technique pour un conte fantastique

 

Coraline, un miracle de technique pour un conte fantastique

 
Publié le 15 mai 2009 à 09:54 par eman02
dans la rubrique Vu pour vous

Coraline, le film
Saviez vous que derrière le chef d’œuvre d’animation « l’étrange Noel de Monsieur Jack » se cache Henry Selick, trop souvent éclipsé par l’ombre tutélaire de Tim Burton ? Ce créateur de génie à la gestuelle si proche des personnages qu’il anime patiemment et avec minutie adapte cette fois-ci Coraline une nouvelle de l’auteur à succès Neil Gaiman (à qui l’on doit entre autres Stardust et Sandman).

Coraline raconte l’étrange histoire d’une petite fille curieuse et pleine de vie qui va s’égarer dans un inquiétant monde parallèle en apparence idyllique, coloré et joyeux où, petite curiosité, les humains vivent avec des boutons à la place des yeux. Cela la change de son quotidien terne avec des parents distants et austères et un emménagement dans une étrange bâtisse.

Coraline, le film
Certains thèmes abordés (solitude, apparence trompeuse) ainsi que les personnages marginaux et folkloriques (un acrobate russe, deux comédiennes fanées, …) renvoient immédiatement à l’imaginaire gothique du sieur Burton. Tout comme la musique, pourtant signé du français Bruno Coulais (entre autre auteur de la B.O. des Choristes), fait irrémédiablement penser aux sonorités de Danny Elfman… Mais, tout comme il manquait sans doute une pincée de Sel…lick à Burton dans les Noces funèbres, l’absence de Tim se fait sentir sur Coraline. Techniquement, c’est bluffant, le film est l’aboutissement de la technique de stop motion (l’animation image par image de marionnettes) mélangé avec les technologies les plus modernes (la 3D notamment, voir plus bas). Là où le bat blesse, c’est dans la narration : les allers-retours entre monde réel et univers rêvé sont trop systématiques sans parler du dénouement trop rapide, presque bâclé. Pourtant l’imagination foisonne et telle Alice au Pays des Merveilles, on suit Coraline dans un Monde des Boutons regorgeant de détails et de trouvailles (notamment un piano automatique qui se joue des gens ou une mante religieuse métallique…).

Quand à l’histoire, elle est à la fois très orienté « fable initiatique » pour enfants (la leçon, c’est savoir se contenter de ce que la vie nous offre et qu’il faut positiver malgré un quotidien qui peut sembler terne) mais dégage pourtant une atmosphère très sombre propice à de multiples cauchemars pour les jeunes spectateurs. Trop simpliste dans sa façon de réinterpréter le mythe de Faust et trop sombre et complexe pour des enfants, le film ne trouve pas un juste équilibre malgré une poésie visuelle de tous les instants. Le film est donc à conseiller surtout aux adultes et adolescents, les enfants risquant de ne plus regarder leurs poupées de chiffon qu’avec des yeux terrorisés !

Coraline, le film
Côté casting, si les Américains ont eu la bonne idée de confier les rôles principaux à des acteurs connus (Dakota Fanning ou Teri Hatcher notamment), la version française ne met aucun « nom » en avant et propose un doublage comme souvent assez fade et sans relief sans parler de deux intermèdes musicaux assez catastrophiques en VF.

Au final, Coraline est un pur bijou technique et esthétique mais cet écrin véritablement chatoyant n’est malheureusement pas au service d’une histoire aussi prenante, adulte et donc culte que L’étrange Noel… qui reste donc encore, 16 ans après sa sortie (déjà !), comme la référence dans le domaine.

Emmanuel Pujol

P.S. : Et la 3D dans tout ça, me direz-vous ? Assez discrète, elle a toujours le défaut d’assombrir terriblement les couleurs (à cause de la teinte très foncée des lunettes spéciales) mais elle permet de donner une profondeur intéressante à certains plans… Maintenant, cela vaut-il 2€ de plus sur le prix déjà élevé d’une place de cinéma ? Personnellement, j’en doute. Surtout que ce genre de film en stop motion est déjà assez impressionnant techniquement pour se suffire à lui-même en 2D.
a
 
 
 
 
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Les Commentaires des internautes
le 11 juin 2009
par Pourpree : Estelle à 18:04
Je retiens : " pur bijou technique et esthétique" ...Une critique détaillée et très argumentée qui ne peut que m'inciter plus encore à voir cette Coraline pleine de charme et de poésie qui n'hésite pas à aborder des thèmes de société très actuels...Encore une fois, merci à toi...
le 18 juin 2009
par bozzarts à 19:29
Bonjour, Merci de votre critique ! Je vois Coraline comme une "petite soeur" de L'étrange Noël de Mr. Jack. Peut-être pas aussi sombre et étrange, sans doute "moins adulte", mais un petit bijou de réalisation. Ma critique sur http://bozzarts.hautetfort.com/ Merci encore de votre blog ! Cordialement Bozz'arts
le 01 juillet 2009
par Youlie à 18:11
Qu'estce que ça donne d'ailleurs Coraline ? Je suis curieuse de savoir si ce "bijou" a su trouvé son publique entre histoire trop linéaire et prouesse technique...Coraline a-t-elle su charmer parents (sans bouton à la place des yeux, hein, ceux tu bon côté de la porte ;)... ) et enfants de la même manière?
 
 
 
 
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