
City Island, c’est cette petite île du Bronx où les Rizzo coulent apparemment – comme beaucoup d’autres familles d’origine italienne - des jours tranquilles. Lui, Vince, est gardien de prison mais se rêve acteur. Il cache ses aspirations à sa femme en prétendant des parties de poker pour pouvoir aller à ses cours de théâtre. Le fils est lui obsédé par les femmes obèses et la fille est devenue strip-teaseuse pour payer ses études car elle a perdu sa bourse. Une famille presque normale donc avec ses petits secrets…
Mais – il faut bien faire un film – cette petite mascarade du quotidien va complètement déraper pour le plus grand plaisir du spectateur quand Vince décide de ramener à la maison un prisonnier en phase de réhabilitation. Et c’est tout sauf un hasard s’il a choisi ce jeune homme là !
Les quiproquos et autres malentendus vont alors s’enchainer sans temps mort dans un film hautement sympathique qui emporte l’adhésion grâce à la performance d’Andy Garcia qu’on ne soupçonnait pas avoir une telle fibre comique. La scène où il passe une audition est particulièrement savoureuse avec à la clé une imitation impayable de Marlon Brando. A ses côtés, on retrouve Julianna Marguiles (portée disparue depuis Urgences) et Dominik García-Lorido, la propre fille d’Andy Garcia. Emily Mortimer, elle, se contente d’un rôle de faire-valoir plutôt inutile et surtout bien trop démonstratif…
Car, même si le film se voit sans déplaisir, il s’oublie assez rapidement. Manque d’originalité dans le traitement, peu de finesse dans la psychologie des personnages et une surtout une fin insupportablement américaine sur la valeur et les forces de l’unité de la famille et la nécessité de savoir saisir la seconde chance que Dieu vous donne… Oui, oui, vous avez bien lu, Vince Rizzo conclut le film en voix-off sur un discours moralisateur prêchi-prêcha particulièrement irritant qui ne vient pas complètement gâcher le plaisir de l’heure et demi qui a précédée mais presque… Dommage !
Emmanuel Pujol
