
Cherien Dabis est une jeune réalisatrice américaine d’origine palestino-jordanienne qui signe avec Amerrika (Amérique prononcé avec l’accent palestinien ! Le film en v.o. s’appelle… Amreeka) un premier film optimiste aux allures autobiographiques, à la facture très classique et à la narration fluide.

Le film de Cherien Dabis a l’intelligence de commencer en Palestine en nous présentant les deux personnages principaux: Mouna, une femme divorcée, ronde et optimiste et son fils taciturne, qui vivent dans les territoires occupés. La réalisatrice nous dépeint sans misérabilisme une vie quotidienne rendue difficile par les contrôles de l’armée israélienne. Les couleurs sont vives, gorgées de soleil et de chaleur. Le contraste est évidemment saisissant et volontaire avec les rudes paysages hivernaux - tout de blanc neigeux et de bleu vif du ciel –de l’Illinois où débarque Mouna pour s’installer chez sa sœur.

Rien ne semble pouvoir décourager Mouna, ni la perte de ses maigres économies ni son travail ingrat. Elle veut y arriver, elle va y arriver… Et on y croit grâce à une formidable Nisreen Faour à la joie de vivre jamais démentie et au sourire permanent: l’actrice communique son énergie et son talent à un casting à l’unisson. Le film, lui, se clôt en musique par un message d’espoir, par une intégration en voie de réussite à force de volonté. Et le personnage de M. Novatski, proviseur taciturne et solitaire, n’est pas sans rappeler (jusque dans son physique) Walter Vale, le héros malgré lui de The Visitor. La boucle est bouclée.
Emmanuel Pujol
