Millenium, maintenant en DVD et Blu-ray

Le BIFFF? Un festival qui envoie du steak!

 

Le BIFFF? Un festival qui envoie du steak!

 
Publié le 13 avril 2011 à 10:48 par eman02
dans la rubrique Festival

Bienvenue à Bruxelles, ses bières, ses frites, son Manneken Pis et son festival international du film fantastique, plus connu sous son acronyme anglais, le BIFFF, un festival saignant qui soufflera l'an prochain ses 30 bougies.

Installé dans un grand hangar de Tour et Taxis depuis le 7 avril et jusqu'au 13 avril, le BIFFF propose à ses spectateurs près de 70 films de genre venus du monde entier  (dont des contrées assez exotiques comme Cuba, Taïwan ou le Kazakhstan) - attention, particularité du Festival: il n'y a qu'une (immense) salle de projection de 1200 places, chaque film n'est donc projeté qu'une et une seule fois, il ne faut pas donc pas rater les séances qui vous intéressent... Autre point distinctif du BIFF, un public plus qu'à fond qui réclame une chanson à chaque invité présent - et ils sont nombreux... Que ce soit l'ambassadeur de Taiwan en Belgique ou John Landis himself, ils acceptent tous de pousser la chansonnette - et qui n'hésite pas à lancer gimmicks (crier "La porte!" quand un acteur oublie de refermer une porte ou hurler à chaque pleine lune) et autres vannes plus ou moins pourries durant toute la durée du film. Il faut donc être dans un état d'esprit bien particulier et accepter ces règles du jeu farfelues mais ô combien festives pour profiter pleinement de ce Festival très convivial où sont organisées de nombreuses animations toute la journée (rencontres avec les invités, bodypainting, atelier maquillage, expositions, foire de DVD et de BD et même un coin garderie, le Baby-BIFFF!)

Presque relégué au second plan, le BIFF c'est aussi 5 compétitions: une compétition internationale qui décerne le Corbeau d'or à son Lauréat par un jury présidé cette année parEnzo G. Castellari, une compétition européenne qui permet au gagnant de repartir avec un Méliès d'argent et son inscription à Sitges, plus gros festival du film fantastique d'Europe, une compétition 7th Orbit de films plus décalés, une compétition Thriller et enfin une compétition courts métrages.

Arrivé dimanche en fin d'après midi, à peine le temps d'aller récupérer mon billet de retour pour samedi (boulet que je suis j'avais oublié que le bal des vampires se tenait justement le samedi soir!) et de poser mon sac à l'auberge de jeunesse que je filais à Tour et Taxis rejoindre mon ami Corvis - pour ceux qui ont suivi mes périples à Deauville en 2009 et à Cannes en 2010, vous le connaissez déjà - pour débuter le BIFFF sans perdre de temps. Petit tour par la salle de presse pour récupérer mon accréditation et comprendre le mode d'emploi du Festival - chacun ayant le sien propre, en l'occurrence celui du BIFFF est assez simple, il suffit de réserver les séances qui nous intéressent et de récupérer les billets le jour de la projection - et je laissais Corvis vaquer à ses occupations pour me faire une première séance avec Mutants, sorti en salles en France il y a près de deux ans. Si ce film de zombies n'a rien de catastrophique, il faut tout de même signaler la fâcheuse tendance de David Morley à abuser de la shaky cam dans chaque scène d'action, les rendant toutes illisibles et épuisantes.

Il était également hors de question de louper la séance de minuit qui promettait du vrai cinéma déviant avec le premier film cubain jamais présenté au BIFFF, Ferozz Wild Red Riding Hood  ou une relecture bien barrée du Petit Chaperon Rouge. Ce nanar cosmique joué par des acteurs hautement amateurs et surtout terriblement mauvais réussit l'exploit à force d'ennui et de grotesque à désamorcer ses scènes les plus choquantes. Car après 50 minutes de presque rien (une scène de viol aux dialogues improbables même dans un porno mal doublé), le film aligne plusieurs scènes totalement WTF: la jeune héroïne se fait faire un cunnilingus par un minuscule chiot (de la pédo-zoophilie?) avant de se faire dépuceler sauvagement par son oncle qui après lui avoir essuyé son propre sang sur le visage la prend sur le lit où repose sa grand-mère, morte et éviscérée... Voila voila, mon BIFFF est bien lancé...

Lundi, temps superbe sur Bruxelles certes mais pas vraiment le temps de profiter puisque j'allais enchainer 4 projections à la suite. Je commençais par le film de zombies allemand, Rammbock. Pendant à peine plus d'une heure, presque en huis-clos dans un immeuble berlinois, Rammbock est un peu à REC ce que pouvait être Monsters à Disctrict 9 (je vous laisse réfléchir à la signification de la comparaison!). Cette histoire d'amour compliquée a failli m'offrir ma 2eme scène pédophile mais non le héros ne demandait pas à son lapin de lui faire une fellation. J'ai senti comme une légère déception dans la salle...

Ensuite, je partais au Kazakhstan pour Strayed qui distille une atmosphère troublante dans un décor désertique et minimaliste. Malheureusement, son rythme lancinant doublé d'un twist (avec explication bien superflue) que l'on voit arriver dès la première bobine gâche un peu l'ensemble. Une curiosité tout de même... Autre curiosité, pendant que des dragons taiwanais se battaient entre les tables du snack, One Day plongeait le spectateur dans un état presque second. Ce film profondément onirique et mystique qui étire ses plans à l'infini fait se rencontrer un homme et une femme dans le même rêve qu'ils ne font juste pas en même temps. Vous n'avez pas tout compris? Rassurez vous, moi non plus! Intrigant mais trop contemplatif...

Je finissais la journée sur LE délire du festival, Super signé James Gunn. Ce film de super-héros sans pouvoir est la version adulte, gore et jouissive du très teen Kick Ass. C'est drôle, bourrin et bien barré - et, argument supplémentaire, Ellen Page y apparait même particulièrement sexy en jeune side-kick du héros looser! Seul gros bémol, une fin qui se prend soudain au sérieux et qui avec une voix off pontifiante sans aucune trace d'ironie apparente prend soudain une tournure très puritaine typiquement américaine. Très surprenant surtout vu l'heure et demi qui a précédé! Il serait intéressant de voir la version director's cut... La journée se terminait là car il était temps de prendre nos quartiers chez un ami à moi. Pas de 13 Assassins de Takashi Miike ni de Proie d'Antoine Blossier - celui-ci pourra être rattrapé en DVD car le service de presse dispose de copies de la majorité des films à visionner en salle de presse (souvent vide d'ailleurs, le BIFFF semblant plus être un festival pour le public que pour les professionnels - et ce n'est pas déplaisant d'ailleurs!)

Petit point météo du mardi: retour à un temps de saison avec giboulées inattendues ce qui nous vaut de nous prendre une légère saucée en arrivant à Tour et Taxis. Avant les films du jour, j'interviewais Georges Delmote, l'un des fondateurs du BIFFF, toujours présent 29 ans après. A voir bientôt en vidéo cette conversation à bâtons rompus sur l'organisation du Festival, les challenges logistiques et budgétaires, les particularité du BIFFF. Très instructif! Côté cinéma, je démarrais avec Luster d'Adam Mason. Ce film qui ne pourra être qu'un direct-to-vidéo international tant le manque de moyen est criant est une sorte de transposition contemporaine à Los Angeles du mythe de Docteur Jekyll et Mister Hyde. Porté par un convaincant Andrew Howard, le film manque malheureusement cruellement de suspense et d'enjeux tant tout est presque dévoilé dès le début - a signaler, une ellipse finale bien couillue et une dernière scène pendant le générique particulièrement drôle... Je ne m'étendais pas sur Dark Souls signé par deux français expatriés en Norvège. La session de questions-réponses qui a suivi le film a confirmé le côté totalement amateur et fauché de ce film auto-produit et auto-distribué (2000 entrées sur 30 copies pendant une semaine d'exploitation en Norvège!). C'est certes très sympathique, ça n'en reste pas moins plutôt raté: le film qui commence comme un polar pour se muer en film de zombies souffre d'un scénario totalement incompréhensible. Il faut dire que quand on ne peut tourner qu'une fois de temps en temps avec les moyens du bord et sans script, il n'est pas totalement étonnant que la cohérence de l'ensemble en souffre quelque peu.

Après une petite pause salvatrice et avant de s'échapper pour une question triviale de dernier métro des Nuits rouges du bourreau de Jade (pas grave, je verrais la fin du film à Paris lors d'une prochaine projection de presse), il restait encore un film à voir et surtout un invité à recevoir dignement... Car John Landis était présent ce mardi à Bruxelles et c'est peu de dire que le public lui a réservé un accueil assez bouillant! Il était même fait chevalier de l'ordre du corbeau - l'hommage à la BIFFF - par Georges Delmote. Place ensuite à Burke & Hare, premier film du monsieur depuis Susan a un plan en 1998!!! Simon Pegg et Andy Serkis y campent un duo d'escrocs à la petite semaine qui vont soudain faire fortune en exploitant un business bien inhabituel: celui des cadavres. Et pour réussir, ils sont prêts à tout, même à tuer! Cette comédie romantique macabre est sympathique mais fleure bon les années 80... John Landis aurait pu réaliser ce film il y a déjà 20 ans que personne n'aurait sans doute vu la différence. Drôle certes mais pas encore sorti que déjà complètement démodé et daté!

Il est 4h du matin en ce mecredi 13 avril qui s'éveille, il est temps que je vous laisse pour aller dormir quelques heures avant d'enchainer une 4eme journée à Tour et Taxis... A bientôt! Et bon BIFFF de Bruxelles...

J'allais oublier de vous rappeler que comme pour tous les festivals où Fan-de-cinéma est présent, vous pouvez suivre le compte Twitter du site (@fandecine) qui vous fait vivre en direct jusqu'à samedi l'actualité du BIFFF avec avis à chaud sur les films et photos prises sur le vif!

Le BIFFF? Un festival qui envoie du steak!
a
 
 
 
 
Partager cet article : Votez pour cet article sur Wikio    Partager sur Google    Partager sur Facebook    Partager sur Technorati    Partager sur Yahoo    Partager sur Live    Votez pour cet article sur Digg    Votez pour cet article sur Scoopeo    Votez pour cet article sur Tappe Moi    Votez pour cet article sur Nuouz    Votez pour cet article sur Blog Memes    Votez pour cet article sur Bookeet    Votez pour cet article sur Pioche    Votez pour cet article sur Delicious    Votez pour cet article sur Magnolia

Envoyer à un ami : Mail Mon Nom
 
 
 
 
 
 
 
 
Les Commentaires des internautes
aucun commentaire

 
 
 
 
Poster un Commentaire

Dans le cadre de la lutte anti-spam, merci de recopier le code secret ci-dessous.

    

 
 
 
 
Top contributeurs
  • eman02
  • coleoptere
  • fandecine
  • zzougga
  • Dante
  • Dnlx
  • febu
  • jf38
  • Winslow
 
 

Les Sorties Cinéma


Fan de Cinéma, le portail cinéma collaboratif est enregistré à la C.N.I.L. sous le n° 1143859 - Copyright © 2000-2012 JR MULTIMEDIA Tous droits réservés