

Premier constat, le film colle peu ou prou aux 4 premiers tomes de la série. Condensé, centré sur l’action, allégé des longues explications techniques financières, le scénario (signé Julien Rappeneau, fils de…) s’intéresse en parallèle à la genèse du personnage principal, au parcours de cet orphelin bosniaque en quête d’identité adopté par l’un des hommes les plus riches du monde, Nerio Winch et à la menace d’OPA qui pèse sur le groupe W – dont le siège a déménagé de New York dans la BD à Hong Kong au cinéma. Il est d’ailleurs amusant (façon de parler, le rire est jaune !) de constater que l’action du film est censée se dérouler de nos jours, précisément en septembre 2008, soit en pleine crise financière mondiale. Le tournage s’étant achevé fin 2007, le film n’y fait évidemment aucune référence, ce qui provoque un « léger » décalage avec l’actualité. Mais après tout, la vraisemblance est le cadet des soucis de ce genre de cinéma.

Avec Largo Winch, on voyage en classe action de Hong Kong à l’Italie en passant par l’Amérique du Sud et la Bosnie sans jamais s’ennuyer mais en s’agaçant juste parfois d’une musique assourdissante trop présente. Il est donc agréable de constater que, pour une fois, un film français a su répondre aux canons de l’entertainment à l’américaine sans pour autant prendre le spectateur pour un abruti. Bien sur, le film ressemble parfois à un produit formaté pour plaire au plus grand nombre et se vendre facilement à l’export. Il n’empêche que le dit produit est de qualité et qu’il remplit son office plus qu’efficacement, à savoir divertir et changer les idées pendant 1h40. Ce n’est pas le moindre des compliments.
On peut enfin se poser légitiment la question suivante : et si un James Bond à la française venait de naître en cette fin d’année 2008? Manque peut être une pincée de glamour en plus, un méchant vraiment méchant et des dialogues plus percutants pour soutenir la comparaison sur le long terme avec l’agent secret britannique. Toujours est il qu’on attend avec curiosité la suite des aventures du golden boy aventurier sur grand écran, franchise presque assurée si ce premier opus rencontre le succès escompté par ses producteurs.
Emmanuel Pujol
