

Après le BIFFF belge (saignant!) et le NIFFF suisse - mais pas le TIFF canadien qui s'arrache les cheveux car il lui manque un F, celui de Fantastic -, voici le PIFFF, le dernier-né des festivals dédiés aux films de genre. Venant compléter l'offre (en) capitale de l'Etrange Festival qui s'installe en septembre au Forum des Images, le Paris International Fantastic Film Festival a débarqué au Gaumont Opéra depuis le 23 novembre, les réjouissances se clôturant dimanche 27. Présentation et compte-rendu des deux premiers jours de ce nouveau venu...
Comme tout Festival qui se respecte, le PIFFF propose une compétition où 9 long-métrages seront soumis à l'expertise d'un jury - composé de Roger Avary, Jaume Balguero (dont le dernier film, Malveillance, a été présenté en ouverture), Christophe Gans et Lucile Hadzihalilovic - ainsi qu'au vote du public. A noter que la sélection est majoritairement constitué de films anglophones (3 anglais, 2 américains, 1 australien) auquel il faut rajouter 2 films espagnols et 1 long-métrage allemand. On pourra s'étonner de l'absence totale du continent asiatique qui, pourtant, ne manque pas de productions de qualité de films fantastiques.
En hors-compétition, la domination américaine est encore plus marquée puisque, hormis le film d'ouverture sus-cité, les 4 autres avant-premières viennent toutes des Etats-Unis avec notamment les derniers films de réalisateurs semblant à bout de souffle: John Carpenter (The Ward tourne en festivals depuis plus d'un an avec un accueil pour le moins mitigé) et Abel Ferrara (les critiques pour ce 4:44 Last day on earth ne sont pas des plus dithyrambiques non plus!). Le public parisien sera-t-il plus indulgent? Réponse ce WE!
Enfin, le PIFFF, c'est aussi une double compétition de courts-métrages, l'une internationale (avec une plus grande ouverture culturelle puisqu'on y retrouve, en plus des pays déjà représentés en long-métrages, des films venus de Corée, du Canada, du Danemark, de Suisse et du Portugal) avec un court projeté avant chaque long, l'autre franco-française avec une sélection de 10 courts projetés en séance spéciale samedi matin à 10h45!
Pour toutes les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Festival!
Après les présentations, place au premier compte-rendu!
Mercredi, je n'étais pas à la soirée d'ouverture - apparemment bondée, la salle de 600 places ayant fait le plein. Avant Malveillance, les organisateurs avaient réservé une surprise aux spectateurs avec la diffusion d'un film de fan-boy adapté d'un manga bien violent, Welcome to Hoxford dont le résultat est assez bluffant (il est visible ici en VOST, 20 minutes que je vous conseille vivement). Et qu'importe mon absence, cela ne m'empêchera pas de vous parler du nouveau film de Jaume Balaguero puisque j'ai pu le voir en projo presse il y a quelques semaines!
Malveillance
César (Luis Tosar, décidément impressionnant), concierge dans un immeuble bourgeois, entre et sort des appartements en toute liberté puisqu'il en possède toutes les clés. Il a notamment développé une passion obsessionnelle et maladive pour la charmante Clara (craquante Marta Etura, quasi-inconnue de ce côté ci des Pyrénées) à qui la vie semble sourire... Le pitch fait penser à La Locataire, une purge sortie discrètement cette année, et au Locataire de Polanski. Heureusement pour Balaguero - qui aime décidément les films en intérieur et les huis-clos angoissants -, son film penche plus du côté du second que du premier. Malsain et dérangeant, Malveillance bénéficie d'une atmosphère lourde et angoissante. Malgré quelques longueurs et des scènes qui se répètent de façon inutile, le film trouble dans sa peinture d'un mal gratuit et pervers. César est un vrai méchant de cinéma mais Balaguero a tout de même l'intelligence de ne pas faire de lui qu'un être purement mauvais auquel le public ne pourrait pas s'identifier. Au contraire, il émane de lui une fascination étrange, une espèce d'attraction-répulsion qui nous le rend à la fois sympathique et détestable. Malveillance est donc un petit thriller efficace à découvrir en salles le 28 décembre prochain.
Jeudi, c'était le début des hostilités avec les premiers films en compétition. Et j'espère ne pas avoir vu le vainqueur ce soir car aucun des deux films ne m'a véritablement convaincu. Juste un petit mot pour souligner a contrario la qualité des courts métrages, l'espagnol Leyenda (qui aurait encore gagné en efficacité en durant 1 minute de moins) et le coréen bien barré (pour changer) A Function où la réussite est une véritable question de vie ou de mort.
A lonely place to die
Premier long-métrage du britannique Julian Gilbey, A lonely place to die (qui pour sa sortie française début 2012 s'appellera Poursuite Mortelle, un titre bien laid que même le réalisateur, venu présenter son film, désapprouve) démarre en laissant penser à un survival efficace et flippant en haute-montagne à déconseiller à ceux qui ont peur du vide, un peu à la façon du français Vertige. Sauf que non, le film prend assez rapidement une autre direction quand le groupe d'alpinistes amateurs fait une étrange découverte en pleine forêt. A partir de là, le long-métrage se transforme en une interminable course-poursuite avec certes quelques beaux moments de bravoure mais une impression de déjà-vu prégnante. Et que dire de la fin dans un village en fête qui part dans tous les sens et qui s'étire en longueur en multipliant les invraisemblances et les incohérences scénaristiques. Il est aussi dommage que le réalisateur choisisse de dévoiler l'identité des chasseurs beaucoup trop vite ce qui enlève beaucoup au suspense et à la tension du film (contrairement à l'espagnol Les Proies où les motivations des tueurs restaient très longtemps mystérieuses). Une petite déception donc! Ma note: 2/5
Blind Alley
Présenté par le rédac chef de Mad Movie comme un petit bijou pop et pulp, Blind Alley (initialement prévu pour être un épisode des Masters of Horror que devait réaliser Guillermo Del Toro) allait surtout se révéler être une sacré mauvaise blague, horriblement cheap et parfaitement grotesque. C'est bien simple: il n'y a presque rien à sauver de cette "impasse" où se trouve un lavomatique dans lequel Rosa, une femme de chambre qui se rêve danseuse à la télé, va se retrouver prise au piège. C'est moche, c'est mal foutu, c'est bête et c'est très très mal joué (si Ana de Armas est bonne, ce n'est que physiquement!). Ecrit et réalisé par Antonio Trashorras, le scénariste de L'échine du diable, le film ne fait strictement jamais peur. Quand on ne s'ennuie pas ferme (le film ne dure pourtant que 78 minutes), on se demande s'il faut en rire ou en pleurer (ou alors Trashorras est un génie incompris qui a réalisé une parodie au 15eme degré des films auxquels il entendait rendre hommage - du giallo italien aux EC Comics!). Pour finir d'achever le spectateur, le réalisateur réserve pour la fin un flashback qui n'aurait pas dépareillé dans un téléfilm érotique du dimanche soir... C'est tout dire! Ma note: 1/5
A très vite pour la suite des aventures fantastiques dans les entrailles du PIFFF!
